Parcours A : Physiologie et physiopathologie des maladies humaines.

Luc Buée, Natalia Prevarskaya, Anne Tsicopoulos


I. Neurosciences

A1. Perception, analyse du signal visuel, pathologie, imagerie cérébrale et modélisation

Muriel Boucart

La perception visuelle des visages, des objets et des scènes naturelles, incluant les données comportementales chez le sujet humain sain obtenues par des méthodes psychophysique et l’oculomotricité, l’imagerie cérébrale fonctionnelle par IRM et EEG, les données électrophysiologiques chez l’animal. Les dysfonctionnements de la reconnaissance des objets, des scènes  et  des  visages consécutifs à des pathologies ophtalmiques, neurologiques ou psychiatriques.

A2. Cognitions et émotions

Pierre Thomas, Kathy Dujardin, Jacques Honoré, Florence Pasquier, Delphine Pins, Henrique Sequeira

Cette journée vise à illustrer les versants normal et pathologique des processus cognitifs et émotionnels. Seront présentés :

·         Les différentes composantes du contrôle attentionnel ainsi que le rôle des émotions dans la modulation de ce contrôle sur le déroulement et l’efficacité du comportement.

·         Les modèles expliquant la manière dont les sous-systèmes de la mémoire humaine fonctionnent et interagissent en précisant pour chacun d'eux les substrats neuronaux.

·         Le rôle prépondérant dans la cognition humaine des fonctions exécutives qui représentent l'instance de contrôle cognitif des comportements finalisés les plus élaborés.

·         L'analyse et l'identification des réseaux neuronaux pouvant contribuer à l'origine, à l'expression et au dérèglement des comportements émotionnels.

·         La place et le retentissement des troubles cognitifs et émotionnels dans les pathologies cérébrales lésionnelles, développementales et fonctionnelles.

A3. Maladies Neurodégénératives : étiologie et physiopathologie des Tauopathies

Malika Hamdane, Luc Buée, David Blum, Claude-Alain Maurage, Florence Pasquier

Cette journée est conçue de manière à ce qu’elle soit accessible aussi bien aux étudiants de formation médicale qu’aux étudiants de formation scientifique.

Cette journée thématique traite de généralités sur les maladies neurodégénératives avec :1) une introduction sur les aspects cliniques, épidémiologiques et anatomopathologiques, 2) une description des mécanismes physiopathologiques, 3) une présentation des modèles expérimentaux et 4) les perspectives diagnostiques et thérapeutiques.

Chaque année, une brève introduction sur l’ensemble des maladies neurodégénératives est donnée. Elle est suivie par un ensemble d’exposés focalisés sur une pathologie particulière (Alzheimer, Démences fronto-temporales, Huntington, Parkinson,…).

A29. Tauopathies: modèles expérimentaux

David Blum, Luc Buée

Cette journée thématique est couplée aux journées DISTALZ. Elle débutera par une brève introduction des modèles expérimentaux de Tauopathies (C. elegans, Hamster, Bison, Primates) et présentera une description détaillée des modèles murins, Zebrafish et drosophile. L’évolution de la modélisation via les techniques de vectorisation virale sera également abordée. Enfin, nous verrons comment les modèles animaux permettent de tester des hypothèses thérapeutiques pour les Tauopathies.

A4. Plasticité, protection et réparation cérébrale

Dominique Déplanque, David Devos, Ariane Sharif

Description des principales cibles pharmacologiques permettant de prévenir la mort neuronale d'origine dégénérative. Description des réorganisations synaptiques au cours des processus ischémiques et dégénératifs : cibles pharmacologiques modulant cette plasticité neuronale (type inhibiteurs de l'HMG-CoaA réductase, ligands cannabinoides ou facteurs de croissance). Capacités endogènes de réparation cérébrale, via la mobilisation pharmacologique de cellules souches, au cours des situations d'agression et de lésion cérébrales.

A5. Physiopathologie et plasticité sensori-motrice

Bruno Bastide, Marie-Hélène Canu, Caroline Cieniewski-Bernard

Cette journée thématique s’inscrit dans un contexte international de recherches sur les maladies neuromusculaires (amyotrophies spinales, myopathies). Ces dernières sont extrêmement diversifiées et se différencient par l’origine de l’affection, l’âge d’apparition, l’intensité du déficit, le mécanisme et l’évolution de l’atteinte. Elles ont cependant toutes en commun d’entraîner une diminution de la force musculaire et une dégradation de la fonction motrice. L'altération des capacités motrices est également l'une des conséquences de l’inactivité prolongée et du vieillissement. L’ensemble de ces syndrômes est à l’origine de problèmes de motricité et d’équilibre qui deviennent avec le vieillissement de la population un véritable enjeu de santé publique. La perte de masse musculaire est aussi rencontrée dans de nombreuses pathologies telles que le SIDA, le diabète ou le cancer. Au cours de cette journée seront abordés les mécanismes moléculaires impliqués non seulement  dans les modifications fonctionnelles mais également à la base du développement de la plasticité neuromusculaire.

A6. Plasticité des interactions neurone-glie-endothélium dans le cerveau post-natal

Ariane Sharif, Vincent Prévot

Il devient de plus en plus évident que les cellules non-neuronales participent activement à l’élaboration, la propagation et au traitement des informations générées dans le système nerveux central. Parmi ces cellules non neuronales, les astrocytes qui entourent de leurs prolongements les boutons axoniques, régulent la transmission synaptique en modulant la diffusion et/ou la disponibilité des neuromédiateurs dans la fente synaptique. Ces cellules gliales sont également douées d’une excitabilité calcique, capables de libérer des transmetteurs et participent à la formation et la stabilisation des synapses. De manière analogue, les cellules endothéliales jouent un rôle clef dans le développement de certaines régions du cerveau telles que la rétine et le nerf optique. Ces cellules localisées en dehors du parenchyme nerveux semblent de plus être des partenaires importants dans la différenciation des astrocytes et des neurones au cours du développement, mais aussi dans le cerveau adulte. L’étude des interactions entre cellules non neuronales et neurones constitue un tout nouveau champ d’investigation qui change radicalement notre façon d’appréhender le cerveau et son mode de fonctionnement.

A7. Addiction et rythmes biologiques

Stefania Maccari

Les rythmes biologiques sont commandés par des facteurs liés à l’environnement tels que l’alternance lumière/obscurité, les horaires de repas ou de travail et des facteurs internes propres à chaque individu. Chez l’alcoolo-dépendant, la compulsion à la consommation d’alcool ne surviendrait pas de manière aléatoire au cours de la journée, mais obéirait à un rythme prévisible. Si la consommation d’alcool est d’abord induite par des facteurs sociaux et conviviaux, la dépendance semblerait échapper au contrôle des synchroniseurs et s’imposerait au sujet comme un phénomène périodique et prévisible. On connait mal l’influence des rythmes biologiques sur l’addiction aux autres drogues mais en général on pourrait penser à un rythme de consommation, fixe, monotone et constant, suggérant une modulation circadienne de la consommation, indépendante des synchroniseurs externes que sont la prise de repas, les sollicitations extérieures ou l’activité professionnelle.

Lors de cette journée thématique intitulée « Addiction et rythmes biologique » nous traiterons des aspects psychosociaux avec des intervenants de l’Université de Lille 3 des aspects psychiatriques et toxicologique avec des intervenants de l’Université de Lille 2 et des aspects neurobiologiques avec des intervenants de l’Université de Lille 1. Nous terminerons la journée avec une conférence plénière d’un spécialiste du domaine de la prise de drogue le Dr Serge Ahmed, DR CNRS de l’Université de Bordeaux.

II. Physiopathologie humaine

A8. Physiopathologie des maladies d'origine périnatale

Didier Vieau, Laurent Storme

Le but de cette journée est de faire le point sur les effets et  les conséquences de diverses altérations environnementales (dysnutritions, agents toxiques, tabac, douleur, virus…) sur le développement du fœtus/nouveau-né (court terme) et sur la programmation de pathologies de l’adulte (long terme). Il est, en effet, dorénavant clairement établi que des pathologies telles que les maladies métaboliques (obésité, hypertension et diabète de type 2 notamment), mais aussi des pathologies cognitives comme la dépression ou encore des maladies psychiatriques (certaines formes de schizophrénies) peuvent être, en partie, dues à des agressions subies au cours du développement.

La journée thématique abordera ces différents aspects sur un plan « translationnel » via l’intervention de « fondamentalistes » (faisant le point à partir de modèles animaux) mais aussi de cliniciens et d’épidémiologistes (pour établir un lien avec la situation rencontrée chez l’Homme). Par ailleurs, une partie de la journée sera consacrée à la présentation d’articles d’actualités faite par les étudiants. Enfin, un conférencier de renom viendra clôturer la journée thématique.    

A9. Physiopathologie de la prise alimentaire, os et homéostasie énergétique

Christophe Breton, Pierre Hardouin

Durant cette journée seront abordés les différents mécanismes impliqués dans le contrôle de la prise alimentaire et le maintien de l’homéostasie énergétique. Cette régulation fine résulte d’un dialogue entre les tissus périphériques (tissu adipeux, pancréas, tractus gastro-intestinal, os) et le cerveau par voies nerveuses (système nerveux végétatif) et hormonales (adipocytokines, insuline, ghréline). Le nouveau concept émergeant du dialogue entre l’os et le métabolisme énergétique sera plus particulièrement développé durant cette journée. L’intégration au niveau de l’hypothalamus des signaux d’adiposité utilise une batterie de neuropeptides orexigènes et ano-rexigènes modulant en retour les voies cataboliques et anaboliques. L'implication de ces différents acteurs sera étudiée à l'aide de modèles animaux présentant une pathologie de la prise alimentaire mais également des données épidémiologiques et cliniques humaines. Les données récentes sur les pathologies humaines (comportements et mutations géniques) seront également développées et permettront de se questionner sur l'importance respective génétique et environnementale impliquée dans le développement de l'obésité chez l'homme. 

A10. Physiopathologie de l’unité neurovasculaire

Vincent Bérézowski, Régis Bordet, Didier Leys

Plusieurs aspects de la pathologie vasculaire cérébrale seront abordés, concernant d'abord les différentes étiologies, puis les liens avec les multiples facteurs de risque vasculaires et les modalités d'exploration en imagerie. Les conséquences fonctionnelles des infarctus cérébraux, leur modélisation expérimentale in vivo et in vitro, et les approches pharmacologiques seront présentées. Un accent sera mis sur les rôles la barrière hémato-encéphalique et de la paroi vasculaire dans la physiopathologie et le traitement de l'ischémie cérébrale, de la dimension clinique jusqu’à l’échelle cellulaire, de manière à comprendre les interactions entre le tissu neuroglial et le tissu vasculaire cérébral dont la complexité a fait émerger le concept d’une unité fonctionnelle appelée unité neurovasculaire.

A11. Physiologie et Physiopathologie de l’endothélium

Emmanuel Robin et Brigitte Jude

L'interface endothéliale joue un rôle majeur dans l'angiogenèse, le maintien de la perméabilité vasculaire donc l'oxygénation et la nutrition tissulaire. Il doit être considéré comme un organe à part entière, hétérogène et dont le rôle est majeur dans la réponse de l'organisme à la plupart des agressions, hypoxiques, radicalaires, métaboliques et infectieuses. Son rôle dans le remodelage vasculaire et l'angiogenèse en font de plus une cible et un outil des thérapies cellulaires et géniques de nombreuses pathologies.

A12. Physiologie et physiopathologie des épithélia

Isabelle Van Seuningen, Guillemette Huet

Thèmes enseignés : Morphogenèse épithéliale, différenciation cellulaire, polarité cellulaire, régulation de l’expression, cellules souches : modèle de l’intestin. Interaction et transition épithélium-mésenchyme, génétique et épigénétique, invasion tumorale, thérapies.

A13. Bio-pathologie tumorale

Françoise Révillion, Jean-Philippe Peyrat, Jacques Bonneterre, Mohamed Hebbar, Aurélie Dumont, Antoine Adenis, Samuel Meignan

Objectif général : faire le point sur les retombées en pratique clinique des nouvelles connaissances sur le processus cancéreux : •histoire naturelle des tumeurs solides •cancer du sein •modifications biologiques au cours du processus cancéreux •intérêt clinique des marqueurs biologiques, des oncogènes et des gènes suppresseurs •cancers héréditaires, oncogénétique, SNPs •chimiothérapies, hormonothérapies et thérapies innovantes

A14. Chimiothérapie et Chimiorésistance : vers de Nouvelles Approches en Pharmacologie Antitumorale

Marie-Hélène David

Autour du thème "Nouvelles approches en Pharmacologie anti-tumorale", nous souhaitons présenter essentiellement les innovations thérapeutiques en cancérologie. Ainsi, présenter (1) comment améliorer les prises en charge pharmacologiques individualisées par les adaptations de posologie, et/ou en proposant d’évaluer des marqueurs prédictifs de la réponse aux traitements des patients traités par chimiothérapie dite conventionnelle (ciblant l’ADN ou la mitose), mais aussi (2) les thèmes de recherches pharmacologiques sur les thérapies dites ciblées (sur les récepteurs de facteurs de croissance, sur la transcription, la thérapie cellulaire, la thérapie génique…) où nous développerons les avancées de la recherche thérapeutique du pré au post Glivec.

A15. Tumeurs neuroendocrines et cancers hormono-dépendants

V’yacheslav Lehen’kyi, Fabien Vancoppenolle

Cette journée sera consacrée essentiellement à la présentation des derniers travaux sur la régulation hormonale des tumeurs prostatiques. Les mécanismes impliqués dans le développement des cancers hormono-dépendants et  dans la résistance des tumeurs à l’hormonothérapie seront discutés.

Nous étudierons également la transduction du signal des hormones peptidiques, des stéroïdes et des facteurs de croissance, sous l’aspect physiologique, mais surtout sous l’aspect pathologique. Nous verrons ainsi quels sont les dérèglements, imputables aux hormones, susceptibles d’induire l’apparition de ces pathologies.

A16. Canalopathies et pathologies neuronales, endocrines, épithéliales et musculaires

Michèle Bastide, Bruno Bastide, Dimitra Gkika

La journée thématique sera consacrée à l’étude des canalopathies, pathologies associées aux canaux ioniques.  Les thèmes suivants y seront abordés :

·         Mutations et variations d’expression des canaux ioniques dans la transduction du signal normal et pathologique;

·         Epilepsies, convulsions fébriles et canaux ioniques;

·         Canaux ioniques et oncogenèse : canaux potassiques et de type TRP possédant le potentiel oncogénique, canaux chlore volume dépendants en association avec la P-glycoprotéine, implication dans la cancérogenèse et le phénomène de Multi-Drug-Resistance;

·         Pathologies neuronales et tumorales associées aux dysfonctionnements des canaux calciques voltage-dépendant : description des modifications des canaux ioniques neuronaux, gliaux et vasculaires dans les pathologies cérébrales ischémiques, toxiques ou dégénératives. Approches pharmacologiques permettant de moduler ces dysfonctions canalaires.

III. Immunopathologies

A17. Réponses cellulaires aux médiateurs de l’inflammation

Anne Tsicopoulos et Fabrice Allain

Cellules inflammatoires recrutées et cellules tissulaires résidentes sont à la fois cibles et acteurs de l’inflammation. Cette journée s’attachera à décrypter le rôle des éosinophiles dans la pathologie inflammatoire respiratoire ou digestive, la réponse aux chimiokines dans la réaction allergique, la régulation de la réaction inflammatoire par les glycoconjugués. Cette journée s’attachera aussi à analyser comment l’inflammation chronique va s’auto-entretenir et aboutir à des lésions tissulaires redoutables aboutissant à diverses pathologies.

A18. Physiologie des cellules dendritiques

Joël Pestel, Lionel Poulain et Philippe Gosset

Les cellules dendritiques sont des cellules-clés de l’immunité innée et adaptative. Elles interviennent dans toutes les phases cruciales de l’initiation et de la régulation de la réponse immunitaire. Au cours de cette journée thématique seront passées en revue les caractéristiques des sous-populations myéloïdes et plasmacytoïdes (surtout chez la souris et l’homme), la nature des récepteurs impliqués (Toll-like récepteurs, « scavenger receptors », C-lectines, récepteurs de cytokines et de chimiokines,…) dans leur processus d’activation, les voies de présentation de l’antigène (dont la « cross presentation ») et les modalités d’interaction avec les diverses cellules de l’immunité (cellules T CD4 ou CD8, Treg, NK,…). Les nouveaux aspects de la dynamique des interactions entre cellules T et cellules dendritiques étudiés en situation physiologique seront comparés à ceux largement observés dans diverses situations pathologiques (allergie, auto-immunité, cancer défense infectieuse et antivirale et neuro-inflammation). Cette journée, qui s’appuiera également sur une conférence d’actualité, doit ainsi permettre à chaque étudiant de mettre à jour ses connaissances sur le rôle fondamental des cellules dendritiques dans les mécanismes de maintien de l’intégrité tissulaire.

A19. Tolérance et sensibilisation : le rôle régulateur des lymphocytes

Lionel Prin

Le système immunitaire doit faire face à de nombreux défis. Il participe au maintien de l'homéostasie des systèmes neuro-immuno-endocrinien de l'individu. Il doit aussi être apte à répondre, de manière adaptée et efficace, aux différentes agressions endogènes (lésions tissulaires par exemple) ou exogènes (environnement microbien). Dans ce dernier cas, il doit prévoir l'imprévisible en sachant reconnaître des pathogènes microbiens en perpétuelle mutation. Cette journée s'attachera à décrire les mécanismes impliqués à la fois dans la préservation des équilibres et dans la reconnaissance remarquable du système immunitaire vis à vis du "soi" et du  "non soi". Elle permettra de préciser le concept de Répertoire Immunologique et les conséquences de sa mise en place. Ces éléments contribueront à mieux comprendre la nécessité impérative d'une régulation permanente du système immunitaire (état de tolérance vis à vis du "soi", sensibilisation et réponse effectrice protectrice vis à vis du "non soi"). Des exemples de dysfonctions (rupture de tolérance et maladies auto-immunes, hypersensibilités et allergies) permettront  de mieux cerner les futurs enjeux thérapeutiques.

A20. Les lymphocytes T naïfs et mémoires.

Myriam Labalette

Si la mémoire immunologique est un concept reconnu, déterminer son support biologique et maîtriser le processus de sa génération restent de vrais défis à relever. Cette journée fera le point sur l’ensemble des travaux de recherche qui ont révolutionné le domaine de la mémoire immunologique au cours de ces dernières années. Que sont les lymphocytes “ mémoires ” ? Comment sont-ils générés ? Quelles sont leurs propriétés fonctionnelles ? Peut-on les caractériser par leur profil de marqueurs membranaires ? Où se domicilient-ils ? Quelle est leur durée de vie ? Quels facteurs favorisent-leur survie ? Leur réactivité peut-elle être délétère ? La capacité mémoire du système immunitaire est-elle sans limite ? Ces connaissances sont indispensables pour valider de nouveaux vaccins à visée préventive ou curative (contre les agents infectieux, les maladies inflammatoires ou les cancers), optimiser la thérapie cellulaire et les allogreffes, rechercher l’implication des cellules mémoires dans la pérennisation des réponses pro-inflammatoires dans l’allergie et l’autoimmunité.

A21. Cellules de l’Immunité Innée et Infection

François Trottein, Christelle Faveeuw

L'objectif général de cette journée thématique est d'analyser les mécanismes d'activation de certaines cellules du système immunitaire inné lors du stress, en particulier lors de l'infection, et d'analyser les conséquences de leur activation sur le développement des réponses immunes. Un accent tout particulier sera porté sur les cellules Natural Killer (NK), les lymphocytes T NK (NKT) et les lymphocytes T gd. Une conférence par un invité extérieur complétera cette journée.

A22. Immunopathologie de la muqueuse intestinale

Cécile Vignal et Pierre Desreumaux

Le but de cette journée est d’étudier la réponse immunitaire au niveau de la muqueuse intestinale en condition normale et pathologique. En particulier, le rôle de la cellule épithéliale et des récepteurs de l’immunité innée dans le maintien de l’homéostasie intestinale sera développé. Les conséquences physiopathologiques de la dérégulation de ce système seront également abordées.

IV. Diabète, Obésité et maladies cardio-métaboliques

A23. Modèles expérimentaux animaux et caractérisation phénotypique : exemple dans le contexte obésité/diabète/athérosclérose

Anne Tailleux, Steve Lancel, Hélène Duez, Thomas Hubert, Yasmine Sebti, Olivier Molendi-Coste

L’utilisation des modèles expérimentaux animaux est incontournable dans de nombreux domaines de la recherche scientifique fondamentale et appliquée. Nous prendrons l’exemple du contexte obésité/diabète/athérosclérose pour poser les questions du choix des modèles expérimentaux et des éléments de caractérisation à réaliser en fonction de la problématique scientifique posée. Quel modèle de souris utiliser pour étudier spécifiquement l’obésité, le diabète de type 1 ou le diabète de type 2, et pourquoi ? Quels sont les avantages et les inconvénients de l’utilisation de souris génétiquement prédisposées à développer la maladie métabolique ? Quel régime administrer pour induire obésité et/ou diabète ? Quelles conditions expérimentales choisir en fonction de la question scientifique posée ? Quel arsenal est à la disposition du chercheur pour le phénotypage du petit animal en termes de paramètres circulants et de tests fonctionnels ? Lesquels de ces paramètres mesurer en fonction de la question posée ? La JT est l’objet de discussions scientifiques interactives sur la base des exposés didactiques de divers intervenants et des exposés bibliographiques des étudiants.

A24. BioBanking : De la Conception à l’utilisation

Julie Kerr-Conte, Robert Caiazzo

Le terme «biobanques» désigne des collections d’échantillons de substances corporelles humaines (p. ex. des cellules, des tissus, du sang et de l’ADN…), qui sont associés à des données et des informations personnelles concernant leur donneur. Les biobanques présentent un double caractère: elles sont des collections à la fois d’échantillons et de données. Elles constituent une ressource essentielle pour la détermination des causes et des mécanismes de nombreuses maladies. Nous prendrons l’exemple du contexte obésité/diabète pour illustrer ces propos. Quel est l’intérêt des banques d’échantillons ? Comment les échantillons sont-ils stockés et comment peut-on y avoir accès ? Quels sont les aspects réglementaires ?  Nous illustrerons ces propos à travers des exposés de divers intervenants et des exposés bibliographiques des étudiants.

A25. Immunité et métabolisme

Isabelle Wolowczuk

L’immuno-métabolisme est une discipline actuellement en pleine émergence du fait de l’épidémie croissante d’obésité. En effet, l’obésité affecte profondément le système immunitaire, à la fois au niveau de sa composante acquise et de sa composante innée. L’immuno-suppression et l’inflammation accompagnant l’obésité favorisent le développement du syndrome métabolique, de l’athérosclérose, de l’augmentation de la sensibilité aux infections et aux maladies auto-immunes, ainsi que d’un certain nombre de cancers, tout ceci concourant à augmenter considérablement les risques de morbidité et de mortalité.

L’objectif de cette journée est de faire le point sur les connaissances les plus récentes dans le domaine de l’immuno-métabolisme et de comprendre comment les perturbations métaboliques affectent le système immunitaire et, inversement, comment les altérations immunes impactent l’homéostasie métabolique..

A26. Tractus digestif et homéostasie énergétique

Sophie Lestavel et Robert Caiazzo

La balance énergétique est maintenue par de nombreux signaux neuroendocrines envoyés par les tissus tels que le tractus digestif et le tissu adipeux. Ainsi, de nombreux travaux ont montré que le dialogue entre le tractus gastro-intestinal et le cerveau était essentiel au contrôle de la prise alimentaire, de la vidange gastrique, du péristaltisme intestinal, et de façon plus générale essentiel à l’homéostasie énergétique. En effet, les peptides gastro-intestinaux (incrétines GIP et GLP-1, PYY, somatostatine….) sont sécrétés dans l’espace extracellulaire de la lamina propria en réponse à l’ingestion d’un repas grâce, entre autre, à des récepteurs appelés « récepteurs de goût » et agiront non seulement localement de façon paracrine pour activer des afférences nerveuses mais agiront aussi de manière endocrine pour se fixer et contrôler des cibles plus distantes telles que le pancréas par exemple. L’obésité est maintenant considérée, au moins en partie, comme un désordre de sensibilité aux nutriments et de nouvelles approches dans le traitement de l’hyperglycémie sont maintenant basées sur les mécanismes d’action des entéro-hormones (mimétiques de GLP-1 et inhibiteurs de DPPIV). La JT sera l’objet de discussions interactives, sur la base d’exposés didactiques de différents intervenants et d’exposés bibliographiques des étudiants et où seront abordés les approches pharmacologiques, les modèles animaux et l’évaluation chez l’Homme en clinique.

A27. Diabète, Obésité et Grossesse

Anne Vambergue et Philippe Deruelle

Le diabète au cours de la grossesse devient à ce jour un vrai problème de santé publique en raison d’une part de l’augmentation importante de patientes diabétiques de type 2 ayant une grossesse et des modifications récentes des critères diagnostiques du diabète gestationnel. En effet, le diabète de type 2 touche actuellement une population de femmes plus jeunes souvent en surpoids ou obèses en âge de procréer. En ce qui concerne le diabète gestationnel, des données récentes font état d’une prévalence importante autour de 17 % des grossesses depuis les nouvelles recommandations de diagnostic. Il est important de distinguer le diabète pré-gestationnel (diabète de type 1 ou de type 2 antérieur à la grossesse du diabète gestationnel qui lui est diagnostiqué pour la première fois au cours de la grossesse. Nous savons que l’hyperglycémie maternelle sera associée à une morbidité materno-fœtale accrue. La prise en charge intensive que ce soit sur le plan diabétologique ou obstétricale ne permet pas à ce jour de réduire totalement cette morbidité materno-fœtale nous laissant supposer qu’il existe d’autres facteurs que l’hyperglycémie qui interviennent. Par ailleurs, il existe beaucoup d’arguments dans la littérature prouvant que l’obésité en elle-même indépendamment du diabète est associée à des complications materno-fœtales. Enfin, des données récentes que ce soit épidémiologiques ou fondamentales ont montré, qu'un environnement intra-utérin modifié (tel qu'il peut l'être au cours du diabète maternel avec des épisodes d'hyper ou d'hypoglycémie) peut influencer le développement du fœtus et programmer le développement à l'âge adulte de maladies chroniques comme le diabète, l’obésité et les maladies cardiovasculaires contribuant ainsi à entretenir le cercle vicieux La programmation est un phénomène au cours duquel sont mises en place, via un stimulus de courte durée, des altérations permanentes et irréversibles dans des structure ou des fonctions métaboliques et cette programmation ne peut se faire que lors de fenêtre spécifique de sensibilité/vulnérabilité telle que la période de vie intra-utérine.

L’objectif de cette journée thématique est de faire le point sur les connaissances les plus récentes obtenues à partir de la recherche clinique, de mieux comprendre les mécanismes impliqués dans l’adaptation métabolique au cours de la grossesse mais également de mieux cerner les mécanismes physiopathologies survenant ou cours de l’obésité et/ou du diabète maternel. Par ailleurs il apparaît indispensable de mieux comprendre les mécanismes expliquant les anomalies de croissance (RCIU ou macrosomie) au cours du diabète maternel. Cette meilleure connaissance en passant par la recherche fondamentale nous permettra de proposer des pistes afin de mieux pouvoir prendre en charge des patientes et surtout des réduire les conséquences materno-fœtales que ce soit à court ou à long terme.

A28. Découverte et développement de médicaments pour lutter contre le diabète, l’obésité et leurs complications.

Benoit Déprez

Cette journée thématique sera composée de conférences présentant l’histoire de la découverte et du développement de 5 médicaments innovants pour lutter contre le diabète ou ses complications. Ces conférences au format ‘étude de cas’ retraceront l’histoire de ces produits, du labo de recherche à leur mise sur le marché.

Les produits présentés seront :
1/ la saxagliptine (inhibiteur de DPPiv)
2/ l’ézétimibe (inhibiteur de l’absorption du cholestérol)
3/ le liraglutide ou l’exenatide (analogue du GLP1)
4/ un composé azolé
5/ une molécule en développement, n’ayant pas encore atteint la mise sur le marché.

Pour chacune de ces molécules, la présentation adoptera un point de vue différent, reflétant les particularités du projet. Au travers de ces études de cas, des mécanismes pharmacologiques différents et innovants (cibles), et des problématiques de recherche (modèles d’étude) ou de développements (formulation, essais cliniques) seront présentés. Des travaux d’analyse de publications par les étudiants eux-mêmes seront également au programme.

 

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